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Un Reste À Retrouver

22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 03:40

L’histoire terrible se passa lors d’une nuit d’hiver sans lune, dans une région retirée et peu peuplée. Personne ne vit rien, personne n’entendit rien. Ça avait sûrement eu lieu bien après la tombée de la nuit mais avant l’aube car au petit matin il ne restait déjà plus aucune trace, d’aucun passage. On ne retrouva ni le corps, ni l’arme du crime. La police scientifique enquêta sur place une bonne semaine et passa plus d’un moins à analyser les échantillons de mousses, lichens et branches cassées, en vain. Ça avait dû être horrible, selon un gendarme expérimenté qui demanda à rester anonyme, un travail de pervers méticuleux. Au village, on en parlait bien sûr, mais on restait solidaires. Ce n’est pas parce que l’on ne savait rien que l’on devait subir docilement et attendre passivement qu’une autre histoire terrible ait lieu. La victime était probablement une femme, sans doute une adolescente, peut-être même une enfant – comment avait-il pu faire une chose pareille ? – une fille d’un autre village, puisqu’ici personne ne manquait. Pour la malheureuse, on ne sut jamais. En un sens, c’était peut-être mieux ainsi. Quant au coupable, ou plutôt au monstre, on l’avait retrouvé, dieu merci, le matin même de l’histoire terrible. Il tenta de nier bien sûr, dans sa langue que personne ne comprenait, nul ne fut dupe pourtant et l’on protégea définitivement la communauté de ses récidives futures.

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