- NAN. L'affamé l'aveu ni ire de l'eau meuuh !
- L.-G. Décidément ça ne va pas mieux. Que tu soies un parasite superfétatoire, passe encore, que tu joues au Grand Pourvoyeur de Leçons, admettons, mais pourquoi en rajouter avec
l'absurdité, ça devient pitoyable.
- NAN. Parce qu'il faudrait que le non-sens ait du sens ?
- Eh ! poussez pas derrière, grognent-ils, prédateurs usés mais déterminés à nuire jusqu'à l'aube.
- Oh ! chacun son tour, hurlent-ils, pressés de souiller eux aussi le plus tôt possible.
- Quel inestimable progrès, nos modernes moyens de déplacement nous mènent très rapidement là où nous voulons aller, ce qui nous permet, une fois arrivés, mais seulement si nous le voulons
- car nous sommes le peuple de la liberté - de repartir plus vite et de revenir plus tôt là où nous étions. Cela rendant possible, si nous le désirons - car nous sommes des êtres
de désirs - un nouveau départ, avancé, ce qui - je fais court - autorise, si nous le souhaitons, car nous...
- Ça va, j'ai compris, espèce de kryptoliberticide. Reste-t-on donc assis, pauvre kyste sans ambition.
- Mais le séjour est-il sans mouvement et la présence sans avenir ?
– LOUIS-GONZAGUE (un projet de sourire quasi imperceptible au coin des yeux pouvant laisser croire qu’il médite) : Dis donc Monsieur le poëte, tu as pensé à
remplir ta déclaration de revenus ?
– NAN (pris en traître, un peu avant l’heure d’être zen et bien après celle d’être cool) : Humour minable, inculture barbare, indigence pitoyable ?, j'hésite, tu
es chétif et optionnel.
– L.-G. (étanche, persévérant dans son généreux amour désintéressé de l’homme) : Ni l’un ni l’autre, je te provoque, c’est une technique qui vient d’Orient, c’est pour te
faire gagner en sérénité, en abnégation, en magnanimité, en force tranquille et en quiétude forte.
– NAN (décidément peu amène en ce beau lundi matin) : ne touche pas à ma bassesse molle, oublie mon étroitesse fébrile, et puisque tu te piques de prendre soin de nos
âmes, va plutôt acheter le disque du chant des cachalots joyeux après le coït, écoute le, ça détend et rend meilleur, c’est écrit sur la pochette.
Vendredi 21 décembre 2007
- Eux (animés d’une toute chrétienne volonté d’encourager doublée d’une sollicitude bien charitable) : ça n’a pas toujours beaucoup de sens, ce que vous écrivez,
pour autant, c’est parfois assez joli, il arrive même que cela soit un peu amusant. Il faut poursuivre. Si, si, sincèrement.
- Nan (encore plein de l’écho troublant de la Critique de la raison pure qu’il venait de lire in extenso pour la troisième fois) : la pluie toujours descend et
jamais ne monte ; la poule toujours pond l’œuf et l’œuf jamais ne tond la p’louse.
- Eux (hésitant entre la pitié désabusée et la colère aigrie) : c’est vraiment n’importe quoi ! Vous y pensez , vous, à tous ces enfants qui meurent de faim, pendant ce
temps.
- Nan (minimalement) : la faim n’est pas le début.
- Eux (péremptoires, sans appel, mais manquant d’inspiration) : …
– X. (à la dépression sudorale et la sudation cafardeuse) : le beurre pue la transpiration, le monde est moite et rance et ma vie dégorge sa nauséabonde lassitude.
J’espère que ma sœur va appeler.
– Y. (s’étonnant de cet inédit désir de chaleur familiale) : je croyais que vous étiez en froid.
– X. (à l'opportunisme glacial) : justement.
Mercredi 14 novembre 2007
- Eux (
insensibles à la force secrète du tout-petit et aveugles à l'ampleur inassignable du presque-rien) : un peu court vot' truc...
- Moi (
illuminé par une sérénité mature discrètement patinée d'un élégant agacement) : certes, et néanmoins surdimmentionné au regard de votre néant de commentaire.
- Tu as le cynisme égocentrique, le pessimisme mégalomaniaque, l'acrimonie faraude et la fatuité belliqueuse.
- Bien ! Je vois que France Loisirs a sorti un nouveau
J'enrichis mon vocabulaire.
NAN, (
lyrique et habité) : c'est agaçant de devoir renoncer à passer
incognito. J'aurais aimé pouvoir signer mes articles - c'eût été élégant et coquin - en verlan.
LOUIS-GONZAGUE, (
jaloux, encore moins célèbre et intellectuellement déserté) : toute façon ç'aurait servi à rien, t'es pas cognito.
NAN, (
perplexe, in petto
et avec profondeur) : ainsi donc un inconnu ne saurait passer
incognito !
A vous. Soyez bref