C'est Peu Dire

  • : Les Restes du Banquet
  • : LA PHRASE DU JOUR. Une "minime" quotidienne, modestement absurde, délibérément aléatoire, conceptuellement festive. Depuis octobre 2007
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Et Moi

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  • Philosophe inquiet, poète infidèle, chercheur en écritures. 55°3 E 21°5 S.

Un Reste À Retrouver

13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 03:11

Si j’étais riche ou puissant, je commanderais des poèmes sur mesure, comme on fait construire une maison à son goût ou couper un costume à sa taille. Des poèmes pour moi. Un poème pour l’hiver ou les nuits de pleine lune ; un grand poème confortable, pour recevoir les amis ou un plus petit, silencieux et secret, pour rêver à voix basse ; un poème débraillé, fleuri, généreux, un autre lent et grave et solennel ; un poème naïf et bancal ou troué, un autre lucide jusqu’à la brûlure.

Alors, chaque jour, dans ma collection de poèmes, j’en choisirais un ou deux bien accordés aux couleurs du temps et à l’humeur du moment. Parfois, je les déclamerais à la cantonade pour faire mon intéressant et parfois, je les glisserais discrètement dans une poche, comme on glisse son numéro de téléphone.

Ce n’est pas toujours très joli, un poème mais souvent, ça réjouit.

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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 03:20

Quand ils questionnent, certains esprits étanches ont déjà leurs réponses (ou leur réponse, plutôt, rejeton unique et dupliqué d’un cerveau infécond).

La pensée est belle quand elle va, à l’insu.

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 03:53

J’ai perdu mon honneur

Donne-nous l’heure, alors

Et j’ai perdu la vie

Tant pis, donne ton avis

Et puis j’ai perdu pied

Eh bé ! donne-nous congé

Et j’ai perdu le nord

Trop fort, donne-leur tort

Et j’ai perdu du poids

Eh quoi ! donne-moi un toit

Et j’ai perdu la face

La classe ! donne-nous l’Alsace

J’ai perdu mon latin

C’est rien, donne-moi le sein

Puis j’ai perdu haleine

Pas d’veine, donne-toi la peine

J’ai perdu 5-0

Donne-moi ton numéro

J’ai perdu mon chemin

Gros malin, donne la main

J’ai perdu la raison

Non ! donne-leur des frissons

Et j’ai perdu le goût

J’m’en fous, donne-nous du mou

J’ai perdu le sommeil

Pareil, donne-nous l’oseille

J’ai perdu Pierre Boulez

Donne-lui d’ la Javanaise

Et j’ai perdu la voix

C’est ça, donne-nous le la

J’ai perdu sa confiance

Tu danses ? donne-moi une chance

J’ai perdu le contrôle

Pas drôle, donne-nous la gaule

J’ai perdu M. Delpech

La dèche, donne-nous la pêche

Et Galabru Michel

T’es belle, donne des nouvelles

J’ai perdu l’monopole

Pas d’ bol, donne ta parole

J’ai perdu tout mon temps

Oh nan ! donne un r’montant

J’ai perdu mon caleçon

T’es con, donne-toi à fond

Et j’ai perdu au score

C’est mort, donne ton accord

Puis j’ai perdu la boule

C’est cool, donne-nous Kaboul

Ou Dommartin-lès-Toul

Et j’ai perdu la rime

Le drame, donne-wam de l’âme

(en supplément).

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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 03:29

– Bon, conclut-il méthodiquement, ça, c’est fait.
Et il mourut.

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9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 03:25

Déchoir de sa nationalité ?

Je vous préviens, outre d’interminables querelles juridico-politiques, des catastrophes grammaticales se préparent. Le verbe est défectif et d’usage fort délicat.

(En passant, je note dans mon carnet à spirale, les rimes du verbe avec anchois, biélorusse et suppositoire – ça peut servir.)

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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 03:36

Un mot, c’est une chose qui fait consensus.

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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 03:59

Suis pour trier les déchets mais mélanger les genres.

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6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 03:32

– Trop cool, une glace trois boules, dit l’enfant !

Ce qu’oyant, le père – géniteur attentif quoiqu’angliciste intuitif – enfourna vitement la chose au micro-ondes.

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5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 03:12

Les critiques littéraires ont des lettres, parfois, et du style mais ils manquent de nez et de palais. Ils devraient s’inspirer de leurs collègues œnologues et nous parler de livres longs en tête, capiteux peut-être, au phrasé rocailleux qui fleure la sueur et la garrigue ou, au contraire, aux tournures moelleuses et veloutées, voire sirupeuses (beurk !) qui gâtent les neurones. Ils pourraient distinguer les livres de garde à laisser vieillir en étagères de chêne et les ouvrages cartonnés et festifs à consommer vite.

(Et qu’ils taisent les livres sans corps – je veux dire sans voix.)

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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 03:49

Je suis ex nihiliste.

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3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 03:44

La poésie garde en elle encore le goût de la langue d’avant les mots.

Juste à la lisière du cri.

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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 03:16

– Ça y est, t’as fait le tour du sujet ? Alors, mes seins ou mon cul ? Va falloir choisir.

– …

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1 janvier 2016 5 01 /01 /janvier /2016 03:32

Une aube encore

Puis le feu de lumière

Neuf comme un désir

Qui ignore l’usure

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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 03:49

L’écriture est affaire de technique et d’entraînement mais les écrivains ont juré, comme les magiciens et autres fabricants d’illusions, de ne jamais dévoiler leurs trucs. (Le cas des médecins est assez proche).

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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 03:42

Chers lecteurs, vous voudrez bien m’excuser s’il me venait à vous déplaire. Ce serait totalement indépendant de ma volonté s’il est vrai, comme on lit dans les gros livres, que le beau est dans le regard, non dans la chose regardée.

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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 03:37

Chers auteurs, vous voudrez bien m’excuser s’il me venait à vous plagier. Ce serait totalement volontaire de ma part – ces restes quotidiens m’épuisent et vous êtes si talentueux.

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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 03:35

Si tu veux voyager, pars sans niche ni laisse.

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27 décembre 2015 7 27 /12 /décembre /2015 03:09

En ces jours de petit partage et grande distribution, je voudrais exprimer ma solidarité avec les chiens de joggeurs qui ne demandent – n’ayant cure de perdre quelques disgracieuses rondeurs – qu’à socialiser lentement et lambiner jovialement.

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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 03:12

Rien de plus durable qu’une illusion auto-entretenue.

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25 décembre 2015 5 25 /12 /décembre /2015 03:06

Scrupuleux respect de la parité : les canetons femelles, au foie trop petit, sont jetés vivants dans la broyeuse comme les poussins mâles, incapables de pondre.

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24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 03:02

De quoi se plaint-il l’ours polaire, sait-il seulement ce gros balourd, que certains travaillent une vie entière pour se la payer leur piscine ?

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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 03:01

La poésie, comme une étrangère que vous comprenez mal et qui pourtant vous rappelle quelqu’un.

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22 décembre 2015 2 22 /12 /décembre /2015 03:38

La mort, ça n’arrive qu’aux autres, et pour cette raison, justement, c’est terrible.

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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 03:19

N’est pas poète qui radote

N’est pas prophète qui fayote

N’est pas athlète qui clabote

N’est pas esthète qui marmotte

N’est pas désuète qui fricote

N’est pas ascète qui pelote

N’est pas discrète qui tripote

N’est pas honnête qui vous décalotte – eh non !

N’est pas très net qui se déculotte – quoi ?

Mais qu’importent le nez, l’aorte, la tête et le cul du copilote

Le poème est là qui insupporte ou réconforte

Et le poète aussi qui vous décrotte l’épiglotte.

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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 03:07

Comme un pays, le vieux, il ne bouge pas, on le visite et on l’écoute mais il ne bouge pas. Comme un pays, il vous accueille et vous raconte, le vieux, là, puis vous laisse partir, mais il ne bouge pas. Le vieux, entre la terre et le ciel, il porte le temps. Longtemps. Alors, quand il meurt le vieux, c’est un pays qui s’efface et vous laisse sans lieu.

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