C'est Peu Dire

  • : Les Restes du Banquet
  • : LA PHRASE DU JOUR. Une "minime" quotidienne, modestement absurde, délibérément aléatoire, conceptuellement festive. Depuis octobre 2007
  • Contact

Et Moi

  • ARNO
  • Philosophe inquiet, poète infidèle, chercheur en écritures. 55°3 E 21°5 S.

Un Reste À Retrouver

18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 02:00

Secrétaire en berne au bureau, il devenait pamphlétaire bucolique à la maison. Œnophile volubile au salon, il devenait vacataire constipé en cuisine. Grabataire vergogneux les jours pairs, il devenait baladin délicat les impairs. Mécène blond vénitien en hiver, il devenait éventreur récurrent en été.

Ce garçon talentueux, fonctionnaire louche et terne dans la vraie vie, aurait fait une belle carrière au théâtre.

Partager cet article

17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 02:00

Il habitait une mémoire peuplée de rêves et de whiskys, d’oublis classés et de livres usés.

Partager cet article

16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 02:00

Il y a quelque chose d’héroïque à recevoir chaque nouvelle aube.

Les peurs de la nuit sont celles de l’enfance et les rêves finalement les emportent toujours mais celles du jour sont matures et organisées, la lumière les rehausse et interdit l’esquive.

Il y a quelque chose d’héroïque à attendre chaque nouveau crépuscule.

Partager cet article

15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 02:00

Tic, cela

Tac, ceci

Le maître nomme

Partager cet article

14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 02:00

Le romancier jouit du droit absolu de tricher impunément.

− Je ne triche pas j’invente, se croit-il permis de rectifier, ajoutant l’outrecuidance à l’injustice.

Partager cet article

13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 02:05

Quand les mots se souviennent longtemps du matin des mondes, quand ils sonnent loin devant au pays des songes, alors les idéologues enragent et bafouillent de ne pouvoir plus les figer dans de lourdes statues de sens.

Partager cet article

12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 02:00

Pour quelle secrète raison, toujours et partout, toutes les rivières abandonnent leur source, claire, vive et amicale pour une embouchure vaseuse, saumâtre et surpeuplée ?

Partager cet article

11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 02:00

J’ai longtemps pensé que la marge étroite sur laquelle je marche me situait dangereusement entre le mou à droite et le cru à gauche, la norme et la folie, le plan-plan et l’effondrement… et qu’il suffirait de peu pour que je bascule et m’abîme dans le gouffre effrayant de la démence.

C’était sans compter l’illusion d’optique (celle-là due à la vision du bas que j’ai du haut de mon mètre quatre-vingt-dix − moins approximativement dix centimètres, pour être exact, puisqu’il ne vous aura pas échappé que nos yeux n’occupent pas le sommet du crâne, ce qui, notez-le, est une chance pour tous les fats qui seraient alors contraints de baisser le nez pour voir devant eux et pour tous les timides qui devraient se plier en deux pour regarder leurs chaussures) qui m’a fait prendre pour une marge au bord d’un précipice, une large bande imprécise sur un terrain plat.

Partager cet article

10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 02:00

Petit haïku grande pensée

Grand discours petite idée

Le mètre ment dit le maître

Partager cet article

9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 02:00

Hier, ma cousine Leïla a rencontré, et dans la même journée, N. S., une chancelière allemande et F. H, un joueur de tennis espagnol numéro 2 mondial. (Cherchez pas, j’ai changé les initiales parce que ma cousine Leïla m’a demandé de rester discrète. Je ne suis pas jalouse mais je l’envie quand même d’évoluer dans ce milieu. En plus, elle est restée simple, ma cousine Leïla.) Elle les a tout de suite reconnus ; eux aussi, ils se sont dirigés droit vers elle. Les échanges ont été « courtois et professionnels », c’est ce qu’elle dit toujours ma cousine Leïla.

− Passeport please. − … − Thank you.

Partager cet article

8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 02:00

Sous les pâtés la page.

Partager cet article

7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 02:00

Je vous sais impatients d’avoir des nouvelles de mon poisson rouge qui n’a pas de nom. Pour ne rien vous cacher, il m’a un peu déçu, je m’attendais à le voir exécuter quelques cabrioles de dauphin ou doubles voltes d’épaulard, pour fêter l’événement, eh bien, figurez-vous que je l’ai surpris au réveil paresseusement allongé sur l’épave du pédalo qui décore le fond de son aquarium.

Je continuerai de le nourrir mais, c’est décidé, je ne lui donnerai pas de nom.

Partager cet article

6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 02:00

Inutile de te retourner, le bitume avale toutes les traces.

Partager cet article

5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 02:24

Comme le bon catcheur prépare toujours un headscissors takedown par une diversion habile, le bon bloggeur tragique doit faucher son lecteur en plein fou-rire.

Partager cet article

4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 02:00

On ne dira jamais assez l’importance des habitudes alimentaires.

Imaginez, par exemple, que nous ayons été faits herbivores-ruminants par le Grand Géniteur. Eh bien, il y a fort à parier que la Terre ne serait pas aujourd’hui à feu et à sang. Prévenants et fidèles, nous transhumerions placidement en troupeaux sobres et solidaires.

Resterait juste à régler l’épineux problème de l’écoulement du stock des couverts à poisson en corne de zébu, alors inutiles et surnuméraires.

Partager cet article

3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 02:00

Ma jeune voisine a un chien, c’est un immonde baveur obèse et apathique. Ma voisine avait choisi l’option B2I au collège. Ma voisine est contrôleuse de gestion. Il s’appelle Éros.

Partager cet article

2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 02:03

L’amnésie est le meilleur allié des révolutions. Gageons que le premier qui servira une tarte Tatin renversée passera pour un génie.

Partager cet article

1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 02:00

Vous partez sur une île déserte. Vous emmenez (retenir et classer vos dix priorités) :

un ferblantier, une bonnetière, une diéséliste, un aquarelliste de petite taille, un coupeur de langue polyglotte, une tête de nœud, un fier-à-bras, une main courante, un pied marin, une fil-de-fériste infidèle, un redresseur de torts clandestin, un placeur de premier rang, un farceur de haut vol, un souverainiste, un néo-pétainiste, un crypto-cégétiste, une fée qui existe, une fille qui insiste, une petite marchande d’amulettes, une grosse menteuse avinée, un chevillard ichtyophile, un revanchard carniphobe, un changeur de climat végétalien, une chasseuse de primevère, une pêcheuse de perle bleue, une Ève rêveuse et généreuse, une cracheuse de glaires visqueuses (eurk, c’est dégueu !), des vestiges d’esthète athlétique, une clique diabolique d’ogresses urticantes, une apothicairesse équipée mais maquée, un méchant marchand d’oublis sans adresse, un casseur de pierres tombales itinérant, un avaleur de sabre à canne à sucre à basse valeur ajoutée, un lazariste, un parnassien, un zapatiste, un clodoaldien, un liposucé, un partouzeur, un suprématiste, une activiste, une écolocentriste, une écolière excentrique, un crémier à fouetter, sa femme alitée, sa fille Alizée, un montreur d’ours en peau de synthèse, un patenôtrier d’écailles de tortues d’élevage, un syndicaliste pacifié, pas si laid mais sans papier, un ramoneur marié, un rémouleur armé, un marinier mourant, un roumain amoureux, un chasse-marée marrant, un marcheur emmuré, un chômeur enrhumé, un galochier surendetté, une épinolière épique, un colporteur à corps et à cris, une femelle phoque égarée (dans la liste pour des raisons qui m’échappent ?), un coquassier potache, une sondeuse de sortie d’urnes, un fourbisseur de démentis cinglants, un barbacole intermittent, une ukuléliste méritante, une ébroueuse décolorée, un sculpteur de vagues, un dresseur de sexes, un soigneur de textes, un dégraisseur intoxiqué, un agresseur botoxisé ou un nécrologue gérontophile.

Vous comprendrez que la pertinence de l’analyse du test est liée à l’honnêteté de vos réponses. Ajouterai-je que nos testeurs ont aussi des outils pour détecter les testés menteurs…

Partager cet article

30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 02:00

C’est important pour l’aventurier qui prend des risques de retrouver tous les matins, à peu près au même endroit et la même heure, dans des tons assez proches, occasionnant des commentaires quasi identiques, le lever du soleil.

Partager cet article

29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 02:00

J’ai presque bouclé mon Nouveau Traité universel de ponctuation (il me manque juste le signe pour figurer le « point d’“évidance” » (je suis l’inventeur — vous pardonnerez cette confession bien innocente que je vous réserve amicalement — de ce qui vient combler ce que j’appelle (cf. l’heureuse formule qui ouvrira ma préface (p. VIII)) un « vide syntaxico-graphique » [sic]) dont la fonction est précisément de marquer une affirmation triplement caractérisée par : − une clarté opportunément — ou impérieusement, ou principiellement (j’hésite encore sur l’ultime formulation ; ah ces adverbes ! comme ils me troublent et m’entêtent et me transportent !?) — définitive ; − une aérienne — quasi chorégraphique, risquerais-je ! — profondeur ; − une forclusion (terme à prendre — cela va sans dire — dans son acception pré-lacanienne (c'est moi qui souligne)) conceptuelle (ce, vous l’aurez compris, au motif d’invalider toute tentative larvée — et inévitablement, piteusement et fétidement vouée à l’échec — de vi(e)d(’)ange métaphorique (si vous me passez le mot))) et n’ai plus qu’à trouver un éditeur.

Partager cet article

28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 02:00

Trois paroles brèves pour le haïku.

Deux hirondelles pour le printemps.

Combien de vies pour exister ?

Partager cet article

27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 02:00

− Il faut que tu comprennes, Môssieur l’écrivain, plus personne ne t’écoute et tu ferais bien de parler moins fort.

− Tu exagères.

− Pas du tout, d’ailleurs, c’est normal, tu nous épuises avec tes bavardages de flemmard pendant que nous, on trime pour de vrai.

− Mais je ne dis pas le con…

− Et arrête de toujours contester et croire que ce que tu écris, c’est mieux que la vie dehors. Tu cherches à nous embrouiller hein ?

− Non je veux j…

− Bien sûr que j’ai raison, et tu le sais bien, gros malin. Qu’est-ce que tu connais des choses du monde, toi, les choses qui tordent le cou, les choses qui mordent le ventre ?

− …

− Tu vois, en plus t’as rien à dire. Le pire, c’est que tu t’imagines que tes silences, ça vaut plus que nos existences. Tu me dégoutes.

− Je cr…

− Et ne m’agresse pas, par-dessus le marché. Quelle violence ! T’étonne pas si tu rencontres de sérieux problèmes. Tu crois qu’on va se laisser faire.

− J…

− Mais voilà qu’il nous joue la victime, Monsieur l’intello, et avec le ton en plus ! Le parking est complet, si tu vois ce que je veux dire. C’est complet. Tu préfères que j’te l’écrive.

− 

− T’es en option pour le moment, attention à pas devenir superflu. T’as pas capté, c’est la crise, ça fuit d’partout, y’aura pas de gilet pour tout le monde.

Partager cet article

26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 02:00

Il ne faut pas toujours viser le milieu, concédait Giovanni Falcone.

Partager cet article

25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 02:57

− Maman, maman, hurla mon adorable petit dernier en sortant de l’école, tu voudrais qu’on t’apocope ou qu’on t’aphérèse si tu serais un mot ?

− … !

Le logiciel de mutation du MEN a encore buggé, ce jeune agrégé de grammaire n’a rien à faire au CP.

Partager cet article

24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 02:00

L’invisible porte le visible.

Non comme une main mystérieuse, un souffle inengendré ou une tendresse infinie mais comme le verso porte le recto.

Partager cet article