C'est Peu Dire

  • : Les Restes du Banquet
  • : LA PHRASE DU JOUR. Une "minime" quotidienne, modestement absurde, délibérément aléatoire, conceptuellement festive. Depuis octobre 2007
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Et Moi

  • ARNO
  • Philosophe inquiet, poète infidèle, chercheur en écritures. 55°3 E 21°5 S.

Un Reste À Retrouver

19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 03:38

P

Pèlerin. Il erre sans chagrin, le pèlerin du doute, et, sans regret, sa pensée pérégrine au gré des vents lointains. Sur les chemins incertains, il appelle chaque fleur et chaque pierre et chaque oiseau, le pèlerin sans destin, et chaque maison et chaque montagne et chaque vallée.

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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 03:57

– J’ai envie de te dire que ces mots répétés à l’envi, tu vois, ça me donne envie de silence.

– Pas de souci.

– Moi je peux pas. C’est juste trop nul.

– Grave.

– Ils sont en mode replay, les gens, ou quoi ?

– J’avoue.

– Je te le dis direct, on me parle comme ça, moi, ça m’impacte dans le dur, genre je bug.

– C’est clair.

– Et pas que.

– En même temps, tu balances du fat, toi aussi.

– C’est pas faux mais ça fait sens. C’est au niveau du ressenti.

– Sûr, c’est top.

– Pourtant, je te jure, c’est à l’insu de mon plein gré. Ou pas.

– Trop cool !

– Enfin je dis ça, je dis rien.

– Normal. Du coup ta pizza, je te la coupe en combien ?

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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 03:14

O

Oasis. La terre est ronde comme une oasis féconde, O de vie et de lumière, elle tourne et vagabonde à en perdre le pôle. Poème sans écho, roman sans héros, elle erre dans un océan désert et sans horizon.

La terre est courbe comme une oasis féconde, elle poursuit sa ronde folle inondant de son orbe prodigue le dôme noir de mondes absents.

La terre aux mille couleurs, comme une oasis ô combien féconde.

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16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 03:37

Les traces ne nous replongent pas dans le passé – ce serait la noyade assurée – elles le maintiennent à la surface.

Le présent est notre élément, gardons-le respirable.

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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 03:23

N

Le noumène. Chose en soi, réalité pure. Sacré phénomène, ce noumène ! Prolégomènes, peut-être, à une métaphysique future… Soit, mais pourquoi tant de -ènes ? Et ça nous mène où ce philosophème ? De nouvelles questions plus ou moins saines affluent par douzaines qui malmènent l’esprit : où sont les zones érogènes de ma cousine germaine (je parle d’Irène) ? pourquoi si peu de sirènes au pays des murènes (quelle déveine !) ? les Roumaines sont-elles plus humaines que les Romaines (je ne parle pas de Célimène qui vient d’Ukraine, je crois) ? le chêne, pâle et à petits glands, est-il un ébène à la peine ? quel chimiste a nommé le C16H10, pyrène, du nom de la maîtresse d’Héraclès (je parle de Pyrène) ? pourquoi les cheftaines sont-elles souvent des puritaines (à mauvaise haleine), rarement des Mexicaines et jamais des Jamaïquaines ? où trouve-t-on des Américaines buveuses de verveine ? pourquoi les capitaines de baleiniers se déchaînent-ils quand ils voient une baleine et dégainent-ils leurs harpons ? C’est assez cette haine !

Nous-mêmes – une angoisse soudaine nous gangrène –, une puissance souveraine, une déesse ou une reine ne nous mène-t-elle pas en bateau ?

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14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 05:34

L’homme, le vil, dénature tout. Les pieds ne nous ont pas été attribués pour donner des coups mais pour fuir et les mains, pas pour faire des gestes obscènes mais pour se gratter. Comment la nature supporte-t-elle que son rejeton méprise à ce point ses desseins ?

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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 03:15

M

Mégalomane. Le gars, il réclame qu’on l’appelle “man”, et même “le man”, non mais allo ! Il ne mégote pas, son ego est sans égal. Quel âne ! Moins mélomane que monomane, il sème peu, il s’aime trop. Mais gare aux égarements qui mènent à Sainte-Anne !

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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 03:13

– Dis donc Saint Pierre, que fais-tu dans le dortoir des vierges ?

– Hein ? Euh, j’ai perdu ma clé.

– Ah bon et ce truc qui pendouille là, sous ta ceinture, c’est quoi alors ?

– Dieu, s’il te plait. D’abord ça ne pendouille pas, ensuite ce n’est pas un truc, c’est une croix, de toute façon ça n’ouvre pas les portes.

– Et pourquoi serait-elle ici ta clé, chez les vierges ?

– Ben j’ai cherché partout sauf ici.

– Logique. Et tu viens souvent ici ?

– Ah non ! Jamais, je te promets. C’est la première fois.

– Là c’est moins logique. Comment pourrait-elle être là si tu n’es jamais venu ?

– Peut-être… l’opération du Saint-Esprit ?

– Nom de Dieu, il se fout de moi. Allez, tu retournes bosser et pas de Plus belle la vie ce soir.

– Ouais, j’en ai marre, c’est l’enfer ici, j’ai le droit d’aller nulle part !

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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 03:12

L

L’l. L’l, c’est la lettre, celle qui lie, qui loue, qui mêle et coule ; colonne fluide, pilier liquide, elle élève ou allège ou allonge. Mais qui est l ? quel est-il ? Elle ou il ? ille ou el ? Où sont les paires, on s’y perd ? Est-ce mal ? On voudrait l’l éternel et tranquille, il est mortel et mobile.

Grêle verticale qui rêve de ciels, l’l colle au sol textuel. Polaire et linéaire, céleste et sexuel, irréel et usuel, mâle et femelle – tel est l’l et tellement plus encore.

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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 03:43

S’opposer était un rêve silencieux, puis ça a été un combat audacieux, c’est devenu un réflexe capricieux.

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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 03:56

K

Kaloupilé. Le K est un cas à part, lettre tropicale (c’est un C) et exotique (c’est un Q), elle sent bon le teck et le kaloupilé ; belle comme un batik, elle est très rock ’n’ roll.

Rare au nord, elle est profuse dans les souks, chez les Kabyles et les Kalmouks, les Tadjiks et les Kanaks, au pays du Krakatoa, des kakatoès, des kinkajous et du Kilimandjaro. Cacao, s’écrit sans K, comme l’eau de coco (et tous ses O) mais koala, c’est un K, kiwi aussi, et kaki et kumquat. Quinoa, c’est no, mais kola, c’est OK. Le black et le punk, le beatnik, le moujik et le cheik ont un look un peu K, le kantien aussi mais c’est un cas critique.

(Camping, c’est un C, dommage car il suffirait de renverser le K pour en faire une table pliante ; le C renversé fait un bon pot de chambre mais on n’en emmène jamais en camping.)

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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 02:54

Les silences autorisent toutes les lectures mais n’en interdisent aucune.

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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 03:47

J

Je. Je est un mauvais jeu d’adultes qui provoque des boursoufflures contagieuses ; c’est un piège.

Les plus jeunes jouent d’autres ‘je’ : toi ou lui ou il ou elle et leur cortège de personnages. On dirait que je suis toi, on change les âges, on dirait que tu es moi, on échange les je, on déloge, on dérange, on dégage, je suis un ange enragé, on outrage le bon usage, tu es un singe prestigieux, un mensonge, un déluge ; c’est le manège des je qui s’emmêlent, le vertige des moi qui s’emballent.

Gonfler n’est pas jouer. Alors, allège-toi de ton je de société et voyage.

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6 novembre 2016 7 06 /11 /novembre /2016 03:40

J’y nais, j’y vis, j’y gis. La Terre, éternellement.

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5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 03:46

I

Illettré. Se dit de celui qui ignore le secret des lettres. (Elles sont des îlets très éloquents – on prononce le T final ici –, traversés de nombreux chemins de sens qui les tressent et les maillent ; îlets réticulés dont les traits simples font marcher les poètes et déroutent les prophètes).

(Ajouterai-je qu’il est très commode, l’I, et fait un lit de camp confortable si l’on n’oublie de le coucher).

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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 03:30

Fan

Le fanatique a le consentement paresseux et l’imagination ourlée ; il est atteint d’une maladie dégénérative de l’ouïe et la cornée, le cœur reste intouché.

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 03:56

H

Haine. Le N est sans haine, c’est une lettre. Mais la haine sans N, c’est une haie. Hé hé ! Et la haie sans H, aïe, aïe, aïe !

(Autre chose, en inclinant sa deuxième jambe – mais ça n’a rien à voir – le N fait un bon transat pour le camping).

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 02:04

À l’ombre des bambous, quand le soleil finit, la lumière frisonne et joue un peu encore sur le mur blanc de la varangue.

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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 03:53

G

Gemme. G, M, M, lettres que j’aime, lettres précieuses de terre et de feu pour un terme qui scintille. Tiens, j’ai le même M de braise qui brille dans ‘l’être que j’aime’. (Heu... et eux, les deux E ?)

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 15:14

N’attends pas tant, va et vis, fidèle aux vents, amant des aubes.

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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 02:53

F

Facétie. Une lettre et deux notes farcies, c’est C et fa et si. Facile.

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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 02:26

Se tenir en aval de la puissance, car enfin il faut bien faire, mais en amont de l’acte, car alors on a fait, on est fait. Ou bien, pour être plus clair, se tenir juste après l’avant, un peu avant l’après. Oui, voilà, c’est là.

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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 02:41

E

E muet. La nature est étrange qui tantôt est exubérante et tantôt effarouchée, hésitant entre l’empreinte et l’envol, l’éclipse et l’éclat, s’effaçant parfois et parfois s’étalant.

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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 02:08

Le monde est moins un théâtre qu’un podium : il s’agit de se montrer, pas de jouer.

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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 02:07

D

Décédé. Trois petites lettres et on meurt, ce n’est pas rien mais c’est peu. Alors honorons un peu nos morts et fêtons beaucoup nos vivants.

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