C'est Peu Dire

  • : Les Restes du Banquet
  • : LA PHRASE DU JOUR. Une "minime" quotidienne, modestement absurde, délibérément aléatoire, conceptuellement festive. Depuis octobre 2007
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Et Moi

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  • Philosophe inquiet, poète infidèle, chercheur en écritures. 55°3 E 21°5 S.

Un Reste À Retrouver

26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 11:02

Il est des mots qui s’exposent, prolixes et ventrus comme des concierges documentés ; d’autres, amers et froids comme des guides de musée, s’imposent.

Rares sont ceux qui se proposent, précaires et incertains comme des visiteurs étrangers, sonores et singuliers comme des danseurs enivrés.

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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 11:51

Je suis un grand rêveur à la peau claire et la main faible

amateur pourtant de caramel salé

j’habite un horizon inquiet aux blessures multiples

que de grotesques bananiers font un peu oublier

je me souviens des danses du ventre du feu de la terre

des nuits sans fatigue que la lune approuvait.

Le sang a déserté et les salles d’attente sont blêmes et surpeuplées

parfois j’entends au loin des voix des cris des chants aux accents bigarrés

que le désordre est beau quand il n’est pas honteux

que la folie est douce quand elle est sans douleur.

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 08:47

Mais que valent ces mots furieux qui tempêtaient comme des héros d’époque sur les crêtes éblouies de la nuit et que le froid blafard du matin tait et fatigue misérablement ?

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 11:35

Le tourment courtois et déroutant du poème.

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 16:55

Je cherchais un mot lavande ou safre, je pensais que cela irait bien avec tes bottines rouge garance.

J’ai trouvé « Jacaranda ».

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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 08:17

Au pays des longs chemins

L’eau de lune n’est pas armée

Et la nuit chante si le matin mord

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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 10:47

Cantonniers de la langue, les poètes aiment à prendre soin des bas-côtés ; c’est moins lisse mais plus fleuri.

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 02:00

Tous ces matins blancs oubliés dans le tiroir du bas

Mais le sel du temps et le drap des corps

Parce que le creux de la main réveillée

Porte loin le geste, loin devant l’attente

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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 13:13

J’aimerais vous écrire un long poème silencieux, doucement ponctué d’exclamations souriantes, à peine quelques tendres inquiétudes, modestement.

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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 15:00

Chaque matin, patiente et indulgente, l’aube s’applique à blanchir nos vies, mais bien vite, avec zèle et fierté, nous réécrivons tout, presque à l’identique, jusqu’à notre dernier défaut.

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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 10:25

Le frisson dure peu

Mais sa traîne d’émois

Murmure longtemps encore

Au clair de la peau.

À ravir, te dis-je,

Ces émotions faibles

À la puissance diffuse.

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 16:55

Le poète voit plus les différences que les ressemblances, voilà pourquoi, souvent, il écrit − et cela ne va pas sans agacer, à la longue − d’interminables listes.

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 11:28

Le langage donne au monde sa lumière. La poésie ajoute les feux et les ombres.

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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 03:00

Et le retour de la vague. Pour toujours inachevé. Interminablement.

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 10:05

Le poète a quelque chose du pêcheur. Souvent, il s’installe à l’aube au bord de la page, rapproche l’horizon et efface le reste. Alors il rêve à peine, à quelques épopées muettes. Puis il attend, à voix basse. Parfois il rentre bredouille, pas le moindre fretin à gribouiller. Qu’importe, il a pêché quand même, ça oui, et pendant trois bonnes heures. Il reviendra.

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 13:29

Le vent sait être léger avec les promesses du soir ; la mer seulement, peut la fidélité.

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 03:00

Que serai-je demain ? ces rêves sont engageants et ne sais quel choisir.

Aujourd’hui tu es là, les mûres sont colorées mais un peu courtes en bouche.

Il était beau hier, les filles aux nattes brunes croisées à la récré.

La vie est une leçon de conjugaison simple et complète si l’on sait éviter les temps circonflexes.

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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 21:01

De quel bois est-il fait, poète, ton crayon, pour qu’il porte si loin de si lointains souvenirs.

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 03:00

Désirs emmaillés

Histoires embrouillées

Dessine-moi une carte

Trouée d’îles perdues.

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 03:00

Elle a le cœur en foutoir

Elle se cogne aux désirs et confond tous les temps

Parfois elle range un peu

Elle joue la femme en paix

Elle récite l’alphabet et les horaires des marées

Et puis ça recommence

Elle oublie la grammaire et se trompe de couleur

Elle perd ses clés le chat lui parle

Elle change de nom la lune l’appelle

Elle a le cœur en foutoir

Le dedans qui chamboule

Parfois range un peu

Finit ses phrases avec un point

Et puis ça recommence ça recommence

Les saisons bousculées et les visages

Embrouillée chahutée

Point-virgule ton sourire

Elle dit

À la ligne.

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 03:00

J’ai désappris l’hiver et ses silences de neige

J’habite un alizé aux parfums de jasmin

Ses levers introuvables ses livres humides et longs

Les nuits y sont rapides et les matins pressés.

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 03:00

Café noir

et tiède.

Comme

l’ennui.

– Hé l’ami, viens fêter !

Alcool blanc

et sec.

Comme

l’oubli.

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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 03:00

Elle ferme sa porte le soir mais sa fenêtre donne sur le jour de ton rire.

Alors elle écrit ton nom sur le mur et invente des dialogues très osés.

Elle refuse de dormir la première et va camper dans la cuisine.

Sous la table.

Et la table est un toit, et la table est ta bouche, elle est un ciel de bois, elle est un lit nervuré pour ton corps à l’envers.

Et l’univers au loin tendrement s’éteint.

Et s’endort aussi le temps sans penser au matin.

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 03:00

Où est la poésie, demande-t-on parfois ?

Elle est là, devant votre poème, comme son ombre blanche. Toujours un peu devant. Juste un peu.

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 03:00

Je suis le vent, je suis l’aurore, je suis le sang et la fatigue encore, je suis l’élan et la branche tombée, je suis le bleu de tes yeux mouillés et le cri blessé, je suis la voile au loin dont je ne sais si elle va ou revient, je suis le bois flotté, le galet roulé, la peau tannée, et l’injure et le jeu et le flux, l’amertume, je suis la vie qui passe et la mort qui attend, je suis l’assiette et le fauteuil, le trottoir et le départ, je suis la mariée, le veuf et l’orpheline, le sucré, le salé, la virgule, le cahier, le crayon bien taillé, je suis la peur et la jalousie, l’éclat de rire et l’effronterie, je suis la source et l’embouchure, l’évier, le lavabo et la chasse d’eau aussi, je suis le retard, je suis le progrès, je suis le défaut et le succès si vous voulez, je suis la mère, le fils, la cousine, la marchande et le pêcheur, l’alcoolique et le menteur, je suis la bougainvillée, le jasmin de nuit, la mangue josé, je suis le premier jour de vacances, la dernière fois qu’on en parle, la deuxième chance avant la fin, la jolie voisine du troisième, je suis la vague et le château, le livre ouvert, le poing fermé, le jaune d’œuf et le verre d’eau, le piment vert et l'émotion, le chapeau sur les yeux et le sac sur l’épaule, je suis je suis, je suis tant et tant et si peu pourtant, je suis toi, je suis moi ou peut-être pas, je ne sais plus, je suis je suis je suis, quelle importance ?

Le monde est un théâtre et j’essaie tous les rôles, abandonné et confiant, le galet, le sourire, l’impatience et l’amante.

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