Dimanche 15 novembre 2009
Soyez prudents !
La mastication rend sourd.
La rumination rend sombre.
La constipation rend fou.
La fornication rend mou.
Mais il vous reste la méditation, la lévitation, la congélation, les végétations et la télévision. Ce qui fait beaucoup pour un dimanche.
Il n’y a pas de science de la liberté, mais il y en a une histoire.
Parce que si elle est imprévisible, elle n’est ni hasardeuse ni spontanée
Vendredi 13 novembre 2009
Il ne faut pas abuser du commerce avec les génies ; certes ils peuvent aimanter, mais ils accusent aussi le plus souvent.
C’est à l’automne que la nature fait son grand nettoyage, pas au printemps.
On serait bien inspirés, nous aussi, de ne pas conserver religieusement toutes nos feuilles mortes.
Mercredi 11 novembre 2009
La poésie est une sensibilité au sensible.
La souffrance et la rage portent parfois et aiguisent. Mais c’est la joie qui anime et féconde.
L’atelier du penseur, c’est la langue. Son marteau et son burin, les mots.
Les idées ?
Elles grouillent et grondent au dedans – fantômes aphones – et s’imaginent pouvoir réchauffer un bloc de marbre ou noircir une toile vierge. Quelle idée !
Ne chie pas sur du béton, c’est mauvais pour les tympans, me dit Robert Lin Tsi, la main droite farfouillant dans la poche droite de son improbable pantalon fuchsia.
Puis, alerté par mon froncement de sourcils, il mima de la main gauche, souriant et libéré, la mort du cygne.
Enfin, s’abonnant à une prolixité inordinaire, il continua, « lâche et laisse et danse ».
Notre dedans est une caisse de résonance trompeuse et présomptueuse.
Self made man, d’accord mais le plus difficile c’est l’épilation des poils du haut du dos.
Comble de malchance, ce sont les plus disgracieux.
Les vacances : vacance planifiée, bruyante et coûteuse.
Écrire vite et surprendre la pensée sans lui laisser le temps de penser.
La matière marque la naissance du hasard et de la permanence.
La vie, celle du devenir et de l’innocence.
L’homme, celle de l’art et l’indécence
La violence est à l’affût. Toujours. Partout.
Prendre le chemin des jours ordinaires et apprendre à aimer, dès le matin, l’innocence des signes.
Selon un processus très efficace de vases communicants, le moi s’enfle de ce dont le monde est expurgé.
Désenchanté, celui-ci se vide, se tait, se retire hors du sens, pour n’être plus qu’un décor bancal, plan et pas cher.
Celui-là, obèse et obsédant, n’en finit plus de se raconter, s’écouter, se gaver.
Héros sans théâtre, sans histoire, sans public.
Le monde et ses illusions
L’esprit et ses fantômes
Simple et vrai, le souffle
Quelle histoire extraordinaire que l’aventure humaine !
J’aurais bien aimé connaître la fin.
Vos restes, merci